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La fonction sécrétrice du tissu adipeux : implication dans les complications

Mis à jour : 16 juin 2018

La fonction sécrétrice du tissu adipeux implication dans les complications métaboliques et cardiovasculaires de l’obésité


Michèle Guerre-Millo


RÉSUMÉ

Le tissu adipeux exerce une double fonction qui le place au coeur de l’homéostasie énergétique chez les mammifères. D’une part, c’est le seul tissu capable de stocker les réserves de l’organisme sous forme de triglycérides dans des cellules hautement spécialisées, les adipocytes. D’autre part, il secrète des molécules biologiquement actives, collectivement appelées « adipokines », qui sont impliquées dans la balance énergétique et le métabolisme glucido-lipidique. Les adipocytes eux-mêmes, mais également les cellules non-adipocytaires du tissu participent à cette fonction de sécrétion. Les adipokines agissent localement, de manière autocrine ou paracrine, et à distance (effet endocrine), sur des tissus cibles dont les muscles, le foie et l’hypothalamus. Certaines adipokines, comme le TNFα et l’IL6, sont des facteurs d’insulino-résistance et d’inflammation, alors que d’autres, comme la leptine et l’adiponectine, exercent des effets bénéfiques sur la balance énergétique et l’homéostasie glucidique.

Dans l’obésité, l’hypertrophie adipocytaire et le recrutement de macrophages altèrent la fonction sécrétoire et induisent un profil inflammatoire dans le tissu adipeux. Les analyses d’expression génique suggèrent que l’hypoxie soit l’un des facteurs favorisant l’attraction des macrophages. Les conséquences locales et systémiques des interactions entre macrophages et adipocytes sont actuellement activement étudiées, dans le but de comprendre leur implication potentielle dans les complications métaboliques et cardiovasculaires associées à l’obésité.



Figure 2. La nature des sécrétions adipocytaires varie en fonction de l'origine du tissu adipeux et du statut pondéral. Les adipocytes sécrètent un grand nombre de protéines, appelées adipokines. Certaines d'entre elles sont représentées ici ; parmi celles-ci on trouve des cytokines proinflammatoires comme le TNF (tumor necrosis factor a), ou certaines interleukines comme l'IL6 (interleukine 6), des chimiokines comme MCP1 (monocyte-chemoattracting protein 1), des facteurs pro-angiogéniques comme le VEGF (vascular endothelial growth factor), des facteurs de croissance tels que l'HGF (hepatocyte growth factor), mais également des adipokines spécifiques aux adipocytes comme la leptine, l'adiponectine et l'apeline. Le type des sécrétions varie en fonction du type de tissu adipeux (sous-cutané ou viscéral) à partir desquels les adipocytes sont isolés, mais aussi du contexte (normopondéral ou obèse). La taille des flèches, ainsi que l'intensité de la coloration dans l'orange indiquent les variations positives des concentrations en adipokines. Une coupe de tissu adipeux humain est présentée dans l'encadré au centre de la figure (coloration à l'hématoxyline-éosine). La flèche bleue pointe le noyau d'un adipocyte, repoussé en périphérie de la cellule par la vésicule lipidique. Les flèches rouges indiquent les cellules du stroma du tissu adipeux. PAI1 : plasminogen activator inhibitor 1. 

1.centre.s.o.s 2018